30 nov. 2008

N comme...


Depuis des mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue… Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan.
Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît, dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là…

Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la
solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète. Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier… On ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent.
Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n’est plus question d’être un grand peuple, d’être un puissant peuple, d’être une nation libre, d’être un foyer lumineux ; la France n’y voit plus clair. Voilà un succès.

Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que la honte…Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités… Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l’argent ; c’est ignoble, mais c’est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte…une foule de dévouements intrépides assiègent l’Élysée et se groupent autour de l’homme… C’est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d’industrie.

Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?
Je ne serai pas original en faisant des comparaisons déjà faites à de nombreuses reprises par bien d'autres. Le texte ci-dessus à été écrit par Victor Hugo, à propos de Napoléon III, qu'il surnommait "Napoléon le petit".

L'eussiez-vous cru ?

28 nov. 2008

Enchanté par une flûte...

Source de l'image [cliquer ici]

Jeudi soir... pas encore tout à fait la nuit, bien qu'il fasse sombre sur la place de la Bastille, autour de laquelle se pressent scooters et voitures pressées. Deux enseignants et quatre adolescents s'engouffrent dans l'imposant opéra et se fraient un chemin parmi la foule des spectateurs, venus voir ce monstre qu'est la Flûte enchantée.

Sur la scène, deux énormes masses... des matelas gonflables... étonnant. La mise en scène devrait être assez moderne, pensai-je... ce fut le cas !

Un spectacle halluciné - hallucinant aussi, d'ailleurs...

Des enfants s'installent sur les matelas, allument en fond de scène un écran vidéo géant et commencent à jouer comme sur une énorme Playstation ; les premières notes se répandent dans la salle...



Découvrez James Levine!


Le premier acte est marqué par les surprises : les décors évoluent sans cesse, au gré de la modularité permise par les matelas gonflables, dressés par d'habiles jeux de câbles, couchés la minutes suivante, dégonflés en un clin d'oeil, opaques ou translucides selon les besoins, astuces de magiciens de music-hall, acrobaties fréquentes (cf. photo ci-dessus), alternance très rapide des décors physiques et des projections...

En effet, les jeux de lumière permis par les vidéo-projecteurs sont tout bonnement épatants : rien de tape-à-l'oeil, au contraire ; tout est au service d'une légereté qui aurait beaucoup plu à Mozart - à celui d'Amadeus, en tout cas !

Tamino et Papageno sont vêtus de cuir rouge ou jaune ; la Reine de la nuit, incarnée par une très bonne Erika Miklosa (meilleure hier soir que sur les différents enregistrements existant sur Youtube!) et ses servantes, sont vêtues de combinaisons anthracite et de sous-vêtements lumineux (vous lisez bien !) ; le lien suivant permet au curieux d'avoir un petit aperçu de ce qui se passe sur la scène : on y trouve un extrait du final, sans doute pris pendant les répétitions, présentant la Reine de la nuit dans ses beaux vêtements... [cliquer ici].

Le deuxième acte, les surprises passées, est plus lent ; on entre dans la partie la plus théorique de la pièce... la catabase de Papagego et Tamino... la question de l'initiation... les développements sur les femmes... pas forcément simple à suivre, malgré l'inventivité des metteurs en scène Alex Ollé et Carlos Padrissa. Le merveilleux "Der Hölle Rache" de la Reine de la nuit est forcément le point clé de cet acte ; des frissons partout, comme à chaque fois que je l'entends... Assurément, seule une femme peut chanter... pardon ! interpréter cet air... quelque chose d'indubitablement féminin, mélange de grâce et de violence, de douceur et de force... Le lecteur ci-dessous permet juste de se "mettre dans le bain"






En résumé, La Flûte enchantée sous cette forme a dû laisser le public parisien partagé ; parce que ce n'est pas n'importe quel opéra... parce que c'est Mozart... parce qu'un public beaucoup plus vaste ira sans doute le voir... et que les attentes seront différentes : s'opposeront éventuellement les partisans de versions plus classiques à ceux qui verront ici, un ensemble de choix risqués, au service de la musique et du sens ; c'est ce que j'ai beaucoup apprécié, on s'en doutera... cet opéra n'est pas qu'une juxtaposition de performances vocales ou de numéros de virtuoses... il y a une réelle continuité dans l'enchaînement des scènes et un vrai travail de mise en scène, au service du livret.

25 nov. 2008

Retour

Je m'aperçois que j'avais abandonné ce blog à l'issue du duel entre les deux candidats à l'élection présidentielle de 2007...

... et je m'aperçois aussi que je le reprends (pour une durée incertaine) à l'issue d'un autre duel, opposant les deux candidates socialistes dans leur lutte pour le poste de premier secrétaire. Comme quoi, les choses ont-elles beaucoup changé, lors de cette année et demie ?

Personnellement, oui : beaucoup de changements - je n'en parlerai pas forcément ici de façon étendue. Ce n'est cependant pas le lieu pour en parler davantage. J'élude et préfère revenir sur cette idée de duel, ayant appris il y a peu que la pratique de cet exercice assez extrême ne s'est pas arrêtée il y a si longtemps de cela.
Cet auteur de blog [http://camilledesmoulins.wordpress.com/page/2/] propose un article tout à fait édifiant sur le duel, codifié en 1836 par le comte de Chatauvillard. J'ai été surpris, d'ailleurs, que le dernier duel politique a eu lieu en... 1967 !!!
En pleine chambre des Députés, Ribière, député gaulliste est traité d’« abruti » par le président du groupe socialiste et maire de Marseille, Deferre au cours d’un débat houleux. Ce dernier refuse de se rétracter puis il sort vainqueur du duel, qui est considéré comme le dernier duel politique de l’Histoire de France.
Étonnant, non ?

Source : http://www.mediapart.fr/files/Mathilde%20Mathieu/duel-photo_0.jpg

2 mai 2007

A une poignée de minutes du débat...

A l'heure où la France attend l'arrivée des 2 candidats à la présidentielle...

Dans moins d'une heure, un duel sur lequel beaucoup d'attentes sont portées. 12 ans d'attente pour une joute verbale qui permettra aux uns de choisir, et à la plupart de confirmer son choix. On est aujourd'hui dans l'opposition des styles plutôt que dans celle des idées...

25 avr. 2007

Sites

Comment un miliardaire décide de recréer, dans un jardin, toutes les atmosphères que l'on peut trouver dans les différents jardins du monde... faisant le pari que, si différentes essences, différentes fleurs peuvent vivre ensemble, il peut en être de même des hommes.
Comment la forêt vosgienne peut-elle côtoyer le jardin japonais et le marais anglais ?

Jardin d'un utopiste ruiné suite au krach financier de 1929, il reste de cette entreprise un lieu magnifique, un Paradou (cf. La Faute de l'abbé Mouret - Zola) digne d'intérêt, faisant oublier de façon étonnante la circulation environnante....
Musée Albert Kahn - Boulogne Billancourt

autochrome d'époque

Pour en savoir plus...

21 avr. 2007

Douce nuit pré-électorale


Par ailleurs, le lien suivant est extrait du site du journal britannique The Guardian. Ce sont simplement des photos des 12 candidats à la Présidence de la République, en très gros plan. Une autre façon de découvrir ces visages qu'on commence à bien connaître.
http://www.guardian.co.uk/gallery/2007/mar/21/internationalnews?lightbox=1

19 avr. 2007

Monsieur Madame

Groupe à découvrir... parce que c'est une découverte. Tout simplement...
Et parce que le multimédia est ce qu'il est, autant en profiter : voici de quoi écouter leurs oeuvres - vos commentaires sont attendus sur leur site, plutôt que sur celui-ci.